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Vendredi 11 août 2006

 

 Au sujet de la cigarette

J'ai cessé de fumer le 5 Mars 2007 à 21 h 12 mn.

Instant important de ma vie où j'ai écrasé ma dernière cigarette sans trop y réfléchir. J'ai dit non à la dépendance. Quand je fumais, il me fallait mon paquet, mon briquet et un cendrier. Quand je fumais, il me fallait trouver aussi des fumeurs, pour être plus à l'aise dans mon vice. Quand je fumais, j'avais toujours quelque chose à dire : le fait de tenir une cigarette donne une certaine contenance à votre main (et peut être aussi à votre cerveau !!).

 

Aujourd'hui, je suis non fumeuse. Il parait que je n'aurais pas le cancer...... du fumeur. Je fais partie du moule que la société a voulu. Le nouveau médicament qui m'a dégouté de l'odeur même du tabac  m'a aussi dégouté d'une certaine joie de vivre. Joël trouve que j'ai changé, que je suis moins gaie, moins agréable. C'est normal : il faut que je fasse mon deuil. La cigarette était une amie mortelle, mais disponible quand j'en avais besoin.

Il est évident que je suis fière de moi, de cette volonté que je m'arrache chaque jour de ne plus fumer mais ne croyez pas que cela se fasse sans douleur. Alors, pour oublier ma chère copine, je compense. J'aurais pu choisir du whyski coca (au 3e, je suis déjà gaie !!!) ou du gin kas. L'alcool fait oublier, c'est certain.

Mais je n'apprécie pas l'alcool, ça me rend malade et ça rend débile.

La cigarette, c'est fini pour l'instant. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir, quelle excuse vais-je pouvoir inventer pour retrouver mes volutes de fumée et ma complicité avec ce poison. Peut être même serai-je assez stupide de tenir le coup : accepter ma propre décision et faire mon deuil. Une chose est sure : si vous n'avez jamais fumé, surtout, ne commencez pas.

Juillet 2008

Surtout ne pas recommencer mais j'ai eu la bêtise d'y repiquer. Non, je n'ai toujours pas le cancer........ du fumeur mais il y en a tellement....... Et me voilà propulsée dans un monde de peur et de douleur morale. Je puise mon courage idiot dans les volutes de fumée. La cigarette me tue et m'apaise, m'aide malheureusement à supporter un univers solitaire tout en sachant que le combat contre cette amie mortelle sera plus difficile à vaincre que le cancer. je fume en cachette de Joêl, refusant d'admettre qu'il ne sent pas mon odeur nauséabonde, un peu comme une gamine qui a peur de se faire facher. Il a peur pour ma santé : j'ai déjà un cancer du sein............

Mars 2009

La formidable aventure commence, le terrible combat entre la clope et moi. Nous sommes partis dans le Lot et Garonne chez Mimi, avec la chienne, mes patchs et mes nicorettes. C'est décidé, je retente le coup mais c'est bien la dernière fois. En plus c'est le jour du printemps !!!! Allen Carr, il a beau dire que l'on doit ressentir du bonheur en arrêtant cet esclavage, moi.............. je suis triste de la quitter, mon amie  : j'ai tant partagé avec elle.
Mais l'arrêt ne se révèle pas si difficile que ça, on se promène, on fait courir la chienne dans les champs de maïs. Je découvre autre chose : une complicité oubliée et puis, franchement, le fait de ne plus fumer ma rassurer. Peut être que je ne l'aurai pas le cancer du poumon. 
je me suis inscrite sur le forum  mais ya pas foule............. A croire que personne ne veut arrêter de fumer. Bon, je lis pour l'instant, on verra plus tard si l'instrument est capable de m'aider.Donc, le 21 Mars 2009, je suis non-fumeuse.



 Au sujet du mariage.

Le 15 décembre 1979, je me mariais..... Je disais "oui" à un étranger qui était à mes côtés tout en sachant que je ne l'aimais pas.Je n'avais pas 18 ans, je ne savais pas que j'aurais pu faire marche arrière. J'ai porté son nom durant 10 ans comme un fardeau...... Reprendre mon nom a fait que je retrouvais ma propre identité.

Il  y a 1 mois, Joël m'a demandé en mariage et aussi de porter son nom. Nous vivons ensemble depuis plus de 3 ans, mon amour pour lui est encore plus fort qu'au début et je lui ai dit oui.

C'est la seconde fois. Je vais encore changer de nom mais je sais qu'avec  Joël, je garderai mon identité, ma façon de vivre, mes idées...... Je sais que le fait d'être sa femme et de porter son nom me donnera ce bonheur de le mériter chaque jour.

Nous nous marions le 11 Août prochain en toute intimité, rien qu'avec nos témoins. C'est notre désir à tous les deux de ne pas trop étaler notre bonheur et de continuer à nous aimer sans faire de bruit. Le bonheur est tellement fragile qu'il  vaut mieux pas être un peu égoïste pour en profiter.


Au sujet de la poterie

 Au début, je n'étais pas d'accord pour y aller. Joël voulait à tout prix que j'ai une activité extérieure, une vie sociale..... Moi, cela ne me plaisait pas trop de rencontrer des bonnes femmes. Je devais avoir peur...... J'ai rencontré Karine à Casino en compagnie de Aude qui la connaissait : drôle de fille, celle-là...Au premier abord, elle ne m'a pas convaincu de cette décision de pratiquer la poterie !!

Les jugements se font tellement vite...........

 

Je l'ai réellement rencontré le jour de l'inscription : d'ailleurs, elle ne savait pas trop si elle devait nous prendre. Je dis "nous" car il y avait ce jour là : Josy et Christiane.

Christiane, il me semblait la connaitre, un air de déjà vu..... C'est au cours de l'année que nous avons enfin compris. C'est la cousine germaine de papa. Avec l'âge, la mémoire est incertaine et ça me fait flipper.

Donc, nous avons commencé la poterie avec des boudins (plus jolimment nommés colombins) et moi, j'aime bien les boudins. Il parait que je les façonne avec facilité. ça ne m'étonne pas d'ailleurs.

Ce premier jour, j'étais un peu intimidée mais je savais ce que je voulais créer (c'est bien d'avoir des buts....) et je l'ai dit à mon professeur de poterie. Karine a dû croire que je voulais monter un magasin de vaisselle et m'a refroidi. Mon but, il est vrai, était de me faire un service.

Cela fait 3 ans que je pétris la terre et je n'ai réussi qu'à faire deux assiettes pas très droites. Pour le reste, je préfère créer n'importe quoi..... En fait, je m'amuse.

A la poterie, j'oublie : j'oublie la solitude, les heures interminables qui me séparent de Joël , les douleurs quotidiennes. A la poterie, j'y retrouve Karine qui, en fait, n'est pas si méchante que ça. Je dirai même qu'elle est géniale.

Il y a là-bas : Karine qui est le pilier, elle marmonne, chantonne, fredonne et donne..... de bons cafés.

Christiane : c'est donc ma cousine. Elle n'aime pas peindre et non plus déranger les autres. Très douce et discrète

Liliane : jeune mamie comme moi, elle se bagarre souvent avec sa copine Karine

Josy : Notre mèdecin bio qui nous apporte du vin chaud à la cannelle, des plantes et beaucoup d'idées.

Muriel : Il ne faut surtout pas prendre sa place et elle n'aime pas Chimène Badi.

Moi-même  avec mes trucs tordus et mon aversion pour le ponçage.

Chacune apporte son trait de caractère, sa différence et sa joie de vivre.

Outre le fait que nous fabriquons des objets personnels, cette journée poterie est un moment exceptionnel qui me rattache un peu plus à la vie. Les soucis disparaissent, les douleurs aussi : pour quelques heures mais c'est important.

Quel dommage que je n'ai pas commencé avant !

 

Au sujet  du Tasta

 

J'y passais, enfant, des soirées entières à feuilleter les catalogues DELBART de mamie et dont je découpais (avec sa permission) les roses pour les coller sur des feuilles volantes que je perdais aussitôt. Adolescente, j'y passais des week-end entiers, auprès d'une mamie complice à qui je me confiais tout le temps. A 21 ans, c'est au Tasta que je suis venue vivre et c'est au Tasta que Aude a grandi. C'est encore au Tasta que Joël a fait son entrée dans ma vie.

 

Mamie nous a quitté sans trop faire de bruit mais en nous laissant beaucoup de chagrin. Elle n'a rien emporté avec elle, c'est comme ça.... Elle nous a simplement laissé au passage un amour qui, je l'espère, se multipliera au fil des années. Pour moi, Le tasta : c'est ma chère mamie qui me manque autant que ce matin de février 2007.


Au sujet de ce Noêl 2007

L'année dernière encore, Noël était le jour particulier de toute l'année. Ce jour unique me permettait d'offrir un petit quelque chose, un signe, un courrier, une simple preuve d'amour..... On se permet ce jour là de revenir vers notre petite enfance : préparer le sapin un mois à l'avance afin d'en profiter un maximum, même s'il prend trop de place...., le bombarder de neige, les yeux brillants de joie....

J'ai donc préparé mon sapin comme j'en ai l'habitude depuis des années....

Dans quelques jours, c'est Noël. Dans quelques jours la plupart des familles se retrouveront pour un jour d'amour (je l'espère car, pour nous, c'est ce qui se passe). Pourtant, je redoute le 25 décembre car je sais que nous aurons aussi une pensée douloureuse pour ceux qui ne sont plus là.

L'année 2007 a été un fleuve houleux qui a emporté avec lui : mamie, ma douce mamie, au mois de février, cousin René un mois plus tard, Bijou (mon cobaye !!!!) au mois de juillet et, dernièrement, Albert Tapia. Ce fleuve implacable garde dans sa boue, Babet qui se bat face à la maladie, Valérie qui a tant changé, et tous les autres anonymes qui n'ont plus de toit..... ceux que l'on oubliera en mangeant des huitres et du foie gras pendant qu'ils crèveront de solitude.

Noël 2007, Noël du 21e Siècle qui donne offre son lot de SDF, d'isolement moral et physique.

On étale une certaine idée du bonheur, de chaleur pour certains alors qu'un grand nombre ne connaitra pas, ce jour-là, la joie d'une main tendue.

C'est ça aussi Noël 2007.

Que Dieu pose sur notre terre un coeur miséricordieux afin de nous apporter un autre Noël, celui de 2008 : plus doux pour tout le monde. Si chacun avait sa part (même une toute petite) ce serait un vrai Noël.

  Au sujet de la haine

Il y a Blanchette qui nous a quitté il y a 3 semaines, il ya Emma (la petite-fille de Didier Réaud) qui est partie retrouver les anges à 6 jours à peine, il y a aussi Arthur qui se bat contre la mucoviscidose, ses parents qui lui tiennent bien la main. Il y a nous qui ne pouvons rien faire, sauf prier. Et puis, il y a, de l'autre côté, ceux qui ne pensent pas à toutes ces souffrances, ceux pour qui la douleur des autres n'a aucune importance. Tout cela me rend bien triste !
Malgré mon envie de rester à la maison, Joël a voulu à tout prix que j'aille là-bas. Depuis mai 2007, je n'y suis allée que 2 fois............. 2 fois de trop ! Je ne suis pas acceptée là-bas, notre mariage n'a pas été validé non plus mais Joël voulait m'imposer. Sans me connaitre, sans savoir qui je suis réellement, j'ai été jugée et condamnée. Le procès n'était même pas à huis clos et je n'ai pas eu droit à un avocat. D'ailleurs, je n'ai même pas eu le temps ni le recours.
Peut-être ai-je fait des erreurs d'appréciation et dit des mots qui ont pu blesser ou être mal interprétés. Je suis un être humain et ne demandais qu'à m'expliquer voire à m'excuser mais je ne méritais pas ça.
Il y a eu quelques mots dits avec un sourire glacé : épouser un oenologue, ca se paie ! Et ensuite, je ne me souviens plus très bien puisque je me suis retrouvée par terre. Le pied de l'agresseur était mal placé (ou trop bien placé)....... 50 personnes autour de moi et une seule qui me dit : relèves-toi au lieu de jouer la comédie !
Quelle humiliation...........
A 46 ans, je joue la comédie.

La seule comédie que je joue est de ne pas en parler ouvertement, ne pas demander à ces personnes pourquoi elles agissent de cette façon............. Alors, j'écris sur ce blog que personne ne lira. C'est mieux que rien !:

J'ai vu la haine gratuite, la méchanceté à l'état pur alors que tant de personnes se battent pour leurs gosses. Etait-ce le moment ? Ne pouvait-il pas avoir dans son coeur un peu plus d'humanité ?
J'ai décidé de ne plus jamais revenir là-bas. A quoi bon !
Je préfère rester au Tasta, mon havre de paix. Personne ne me fera de mal.

Au sujet du présent 


Mois de juin 2008 complètement pourri ............ La chute du début du mois a occasionné une sciatique qui a duré plus d'un mois. Mi-juillet nous avons emménagé chez mamie. Une grande joie pour nous deux car nous allons enfin vivre dans notre paradis à nous deux.  Peu de transport mais j'ai trouvé ce déménagement très difficile. Heureusement que ma petite famille était très présente ainsi que Denis qui n'a pas lésiné sur sa présence........... 10 juillet : nous dormons enfin chez notre nouveau  "chez nous". 12 juillet, je vais seule, l'âme en paix, faire une mammographie à Carbon-blanc. J'en ressors une heure plus tard un peu moins sereine : une étoile de 13 mm est installée dans mon sein gauche, il ne faut pas garder ça, biopsie...........
Je vais chez le mèdecin deux jours plus tard : êtes-vous bien entourée, il faut se battre, téléphone à Bergonié..
Merde.

L'attente est quelque fois insupportable car je ne sais pas. J'oscille entre le désir de savoir ce qui m'attend et cet espoir que je n'ai rien du tout. Je regrette même un peu cette mammo qui bouleverse mes habitudes.
25 Juillet : le service de sénologie de Bergonié m'appelle pour confirmer la biopsie au 31 juillet. Les jours sont longs mais tout va trop vite.
Pour tromper l'angoisse, nous sortons un peu plus.
Vendredi soir chez Denis pour une soirée "brasoucade" très agréable et samedi soir chez Pascale Morin où le moral n'était pas très présent.

Dans ces moments pénibles où l'on est entouré, on se sent terriblement seul, malgré tout.

mardi soir 29 juillet : je respire l'air du soir comme une future condamnée. Il ne reste qu'un jour avant cette maudite biopsie.

Dimanche 3 août : Je déjeune chez Alice et Xavier avec toute la famille . Raphael a eu la gentillesse de se joindre à nous. En effet, je suis, pour la seconde fois grand-mère d'un second............... petit fils.
Cette joie immense et merveilleuse se combine avec la colère d'une mauvaise nouvelle : après la biopsie (terrifiante mais pas trop douloureuse) il y a encore l'attente du verdict pour le 11.


11 Août 2008 : j' ai appris, au fil des années, que lorsque l'orage éclate il vaut mieux attendre l'éclaircie..... car il y en a toujours une. J'ai aussi appris que j'ai bien un cancer mais que ce soir, je fête auprès de mon mari notre première année de mariage. L'entrecote nous attend, les frites seront dorées et l'amour est plus présent que la maladie. Ce soir sera doux car nous le désirons.
Demain sera un autre jour. 


13 septembre 2008 : Il y a 13 jours, j'étais opérée du sein ainsi que de jolis ganglions sous le bras (qui ne sont pas cancéreux). L"opération s'est très bien passée. Entrée le 31/08, opérée le 1er et sortie le 2/.09. Les infirmières viennent tous les 2 jours me changer les pansements et, tous les 2 autres jours, c'est mon amour à moi qui s'en charge. Il faut le voir prendre toutes ces initiatives avec le sourire. Comme les pansements ont irrité ma peau, il n'a pas attendu que les infirmières arrivent pour me badigeonner de pommade. Il m'interdit gentiment de passer le balai, faire la vaisselle et le fait sans rien dire. Même mes nuits blanches sont partagées puisqu'il ne dort pas quand je ne trouve pas le sommeil. Au-delà de la souffrance, de la peur et de l'ennui (les journées sont longues), au-delà des mots que l'on n'arrive pas pas à trouver pour calmer les angoisses, j'ai une lumière qui me guide vers un combat qui devrait être victorieux. Il est présent, aimant, réconfortant et je ne sais comment lui dire que je l'aime d'un amour exceptionnel. Joël est riche en-dedans, riche de modestie, d'abnégation et de simplicité dans ses actes. Que Dieu le protège à tout jamais et le garde sous son aile.

13 Octobre 2008 :  toujours en attente de la radiothérapie qui a été repoussée............ la cicatrice du sein refuse de faire son boulot. Pourtant, les infirmières le font bien, elles !!!

29 Octobre 2008 : je commence (après le scanner du 22) enfin mes voyages vers Libourne pour des séances de radiothérapie. Le trajet dure 20mn, les rayons 6 mn et le retour 20 mn. Au début, il m'a fallu dénicher le service "oncologie" (ce nom m'était totalement inconnu), accepter le fait que le mèdecin qui me suit me prenne pour un morceau de viande à étudier et à qui on ne parle pas, arriver à me coucher sur la table sans trop souffrir, ne pas bouger d'un pouce (très embêtant quand le nez se met à démanger !!) et à me relever avec l'aide des personnes présentes. Si le spécialiste est froid comme la pierre, j'ai une consolation : le personnel est super gentil, toujours à l'écoute et je me lie avec d'autres égarés comme moi. Nous nous rencontrons chaque matin (un  peu comme dans un bus) , attendant sagement notre nom et le numéro de cabine où chacun se dirige d'un pas dynamique. Au hasard de ces brefs moments, nous échangeons quelques mots, apprenons à dire et recevoir nos "expériences" tout en sachant qu'un matin, une autre personne remplacera celle avec qui nous discutions la veille. Je repars ensuite vers la maison, un peu paumée actuellement et pensant au lendemain matin qui revient.   

14 Décembre 2008 : il parait que la radiothérapie ne fatigue pas et surtout, qu'il n'y a que  rarement des brulures..... Je fais donc partie des exceptions !!! Au hasard des discussions avec les autres "radiothérapées", j'ai eu vent que ma fatigue faisait partie aussi de leur lot quotidien vers la moitié du parcours. Au début, tout le monde est courageux. On est gonflé à bloc : on va s'en sortir !! . Moi, je ne me plains pas trop car j'ai évité la chimio pour l'instant. Au fil des séances, les discussions sont moins anodines : on fait l'inventaire, parlant de cette maudite fatigue et de la chaleur désagréable qui envahit la partie irradiée (et même à côté).  Mon corps a tenu le coup 4 semaines, mon moral est descendu un peu mais la radiothérapie a été suspendue : il ne me reste que 8 séances sur 33. Brulée au 2e degré, les infirmières ont pris le relais pour réparer les dégats.


31 Décembre 2008
Je viens d'apprendre que Babet doit faire une biopsie après-demain. Pas de répit pour le cancer qui travaille en silence et ronge notre corps......... Une récidive ? Nous saurons dans deux jours, nous saurons l'année prochaine. Je pense à elle très très fort mais reste déterminée à passer une bonne fin d'année auprès de mon amour. Je veux que cette soirée soit douce malgré tout. Ma devise actuelle : aujourd'hui. 
C'est  bien court, je sais, mais chaque jour est comme je le programme.  


Janvier 2009
Un peu comme un bateau à la dérive, j'ai commencé l'hormonothérapie (aromasine). J'ai cette mauvaise impression que ce petit cachet me bouffe le corps sans que je ne puisse rien faire. Il faut le prendre ! Je l'ai débuté le 2 Janvier.
C'est vrai qu'en ce moment, je me sens seule et un peu abandonnée. Bergonié et Libourne m'ont boosté de juillet à mi-décembre 2008. Et, tout d'un coup............. c'est une grande solitude. Toujours des questions qui pourraient au moins me rassurer. Toujours ce vide qui me renvoie à ce maudit cancer.  Je ne me plains pas : très entourée par une famille qui croit actuellement que le danger s'écarte, moi........... je me sens très seule.


Avril 2009
je suis inscrite sur le forum docti depuis un mois et, comme d'habitude, je me suis plantée.........Je me retrouve avec les accompagnantes et accompagnants des "cancer du poumon". Les "cancer du sein", ne m'ont pas trouvé interessante : je n'ai pas eu de chimio, pas envie de parler de mes douleurs  (ça change rien, je les ai quand même). Ma file est : besoin de parler............... oui, un besoin de communiquer, de me relier à cette vie différente et je l'ai trouvé auprès de ces femmes et homme fantastique.
Il y a Fredine : c'est elle qui a débrousaillé le chemin pour moi, je n'arrivais pas à avancer, je posais des questions et on ne me répondait pas. Elle a mis un sacré coup de pied dans l'essaim.......... et elles sont toutes venues la piquer. Il n'y a que moi qui puisse comprendre ce passage mais ça fait du bien d'en parler. Fredie, c'est comme un premier amour, elle est si forte et si fragile à la fois.....
Il y a Lissel : elle est toujours calme et sereine quand elle envoie un message, apaisante............ mais tout en dedans d'elle il y a des souffrances qui ne peuvent s'exprimer. Alors, elle donne de son temps (c'est tout ce qu'on peut faire, d'ailleurs !!!), canalise les angoisses. Et quand on va sur sa file, on devine le grand drame de sa vie.
Il y a Ellen : n'a pas le temps de souffler, de penser à elle puisque sa famille est attaquée de toute part par la maladie. Une sorte de malédiction !! Pourtant, dès qu'elle le peut, elle s'intéresse encore à notre sort.
Il y a Doun : C'est notre Doun à nous. Avec certaines, il a un charabia incompréhensible mais je ne dis rien......... Je lis ses files, essaies de deviner ce qu'il veut exprimer mais je suis loin encore de pouvoir traduire.......... 
iL y a Chriss : je la vois un peu comme notre maman. Pas un mot plus haut que l'autre, une infinie tendresse pour chacune de nous et elle s'infiltre royalement dans nos files lors de disputes pour apaiser tout le monde..........
Il y a Clo : Elle habite à 30 km de chez moi et passe régulièrement sur ma file. je fais de même.........
Il y a Cassie : elle est plus vers l'essaim (les seins) mais m'a conseillé pour mon traitement .......... Malheureusement, j'ai cessé d'exister pour elle.
C'est le mystère du forum : on est là, on se lie, et aussi, on peut disparaitre à tout moment.
Il y a aussi tous les autres que je connais moins  mais qui font partie de ma vie secrète : alive, Grisou, Pat, Pam,Seb et tous ceux que j'oublie.................. ainsi que toutes celles qui viendront nous rejoindre.  

Mai 2009

je n'ai pas le moral.
Il m'est arrivé, durant ma petite vie, ne pas avoir le moral mais là, ça va vraiment pas !!!
j'ai l'impression d'avoir été happée par une machine qui me broie chaque jour un peu plus. Je me lève chaque matin en pleurant sans ne pouvoir rien faire, dès que l'on me demande si ça va, je me mets à pleurer. Le fait d'avoir un cancer ne fait pas mal, ça je le sais mais le parcours à faire pour le contrer est éprouvant : opération, radiothérapie, hormonothérapie, j'ai pas eu le temps de souffler. Déjà le mois de mai et je pense déjà à la mammo de controle début juillet.  Je m'accroche au forum car je sais que je ne me débarrasserai pas facilement du crabe.
Maman s'inquiète pour moi, me téléphone ou vient me voir : "ça va" ??? Depuis une semaine, pour elle, rien que pour elle et sa sensibilité de maman, je lui dit que tout va mieux. Je ne peux confier mes douleurs et mes peurs au forum, elles en ont tellement elles aussi. actuellement, je suis en apnée et j'ai pas envie de remonter...........
C'est peut être un passage normal de ma vie. Accepter et réaliser que j'ai bien un cancer alors que j'ai tout fait pour l'occulter et le refuser.
Ca ira mieux demain !

 

 

 

Par Marie - Publié dans : pensées
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