PAROLES
mon amour, j'aurais voulu te dire
combien était doux mon exil
j'aurais voulu t'expliquer sans frémir
l'impossible de notre lien si fragile
te raconter des tas de choses
des choses que tu sais, d'ailleurs
la couleur de nos roses,
le sens réel de ma terreur.
Te dire que je veux te revoir
te dire, te parler, t'expliquer...
te donner ce pain d'espoir
que je n'ai jamais goûté
ah! mon amour j'aurais voulu
mais, vraiment, je n'ai pas pu
ta bouche, tes yeux marrons
m'en ont empêché
mon amour, je t'écris aujourd'hui
assise sur mon lit
j'écris que j'aurais voulu te dire
que je t'aime depuis...
Mais fut dit un seul mot
qui semble bien idiot
j'ai prononcé comme un aveu
ce détestable "adieu"
Marie
20/10/1978
AMOUR CHAGRIN
le temps pour nous sera court
trois mois de séparation
nous donnerons plus d'amour
et encore plus de raison
ce soir, dans la chambre aimée
où, le soir tu t'endormais
je rêve encore de ce temps bleu
qui nous rendait heureux
les baisers échangés, les sourires,
les promenades en voiture,
nos petites crises de rire
et toutes les joies de la nature...
aujourd'hui nous nous sommes éloignés
Toi au Maroc et moi en France
et nous n'avons comme espérance
De nous aimer plus que par le passé
je sens la douceur de tes bras
et la douce sonorité de ta voix
j'espère que toi aussi là-bas
tu penses un peu à moi
Marie
06/09/1979
SEPARATION
le temps a effacé l'amour
qui germait en mon coeur
je me suis aperçue un jour
que frappait le malheur
disputes, colères et larmes
furent le lot de deux années
et nous n'avions ces seules armes
que pour mieux nous blesser
"tu ne m'aimes plus" m'as-tu dit un jour
dieu ! comme je t'ai aimé
mais c'est notre pauvre amour
qui a simplement changé
se peut-il que subitement
l'amour devienne haine
et que les souvenirs d'antan
nous fassent tant de peine
je pense encore à cet amour
si doux, si pur et si total
que tu me refusas toujours
en me faisant tant de mal
se peut-il que la tendresse
que je lisais dans tes yeux
s'éteigne en vitesse
comme un petit feu
dieu ! que je souffre
de ton mépris
aujourd'hui c'est le gouffre
et les affres de la nuit
verrai-je un jour
avec des yeux réalistes
que le véritable amour
n'est pas idéaliste
Marie
19/09/1982
LONG, TROP LONG
j'ai peur du temps qui passe
et je tremble devant lui
je redoute les mots qu'il ressasse
me répète et me redit
j'ai peur de moi, j'ai peur de tout
je voudrais que tout soit fini
qu'il ne soit plus jaloux
qu'il quitte à jamais ma vie
j'aimerais de nouveau espérer
une autre route, un autre chemin
je voudrais bien encore deviner
celui qui mène à mon destin
la route est longue et tortueuse
pleine de cailloux, de carrefours
elle est toujours sinueuse
et fait faire bien des détours
qu'elle est longue cette route
qui mène au fond du malheur
et nous savons sans nul doute
qu'elle nous dirigea vers l'erreur
il ne fallait surtout pas
changer de carrefour
maintenant je ne retrouve pas
les phares de notre amour
combien de jours, sans relâche
dois-je marcher près de mon désespoir
je t'en prie - enterrons la hache
et pars, pars ce soir
Marie
02/10/1983
FUNERAILLES
il est mort sans un bruit
tout doucement, jour après jour
après une longue agonie
il est parti pour toujours
il est mort tout d'un coup
sans une plainte, sans un bruit
et mon coeur, je l'avoue
ne l'a pas encore compris
nous étions tous les deux
encore un peu heureux
mais l'indifférence, oh! malheur
s'installa dans nos coeurs
je rêvais d'un foyer
d'un jardin et de fleurs
je rêvais d'un bonheur
que nous aurions créé
je rêvais d'une enfant
qui, un jour, te ressemble
je rêvais d'un printemps
qui, le soir, nous rassemble
je rêvais d'un amour
pour qui je puisse vivre
sans espoir de retour
avec, toi seul, vivre.
tu rêvais de liberté
sans engagement
tu rêvais d'été
sans aucun foyer
tu voulais de l'argent
sans trop travailler
croyant que le temps
te donnerait du blé
tu me demandais trop
sans ne jamais donner
pas un geste, pas un mot
alors... j'ai pleuré
il est mort sans un bruit
et mon coeur est glacé
car, jamais plus, je le dis
je ne saurai aimer.
Marie
06/02/1984
UNE PETITE LARME
je n'ai pu encore compter
le nombre de fois où
combien de fois blessée
une larme coula sur ma joue
je m'étais imaginée
vivre un conte de fée
un amour enchanté
qui fut vite assassiné
je n'ai pu encore compter
le nombre de soirs où
tu me laissais
une larme sur la joue
je ne peux plus compter
mes larmes sont taries
alors qu'un seul de tes baisers
m'aurait fait renaitre à la vie
Marie
13/08/1988
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