PENSEE
l'amour que je possède en moi
au fond du coeur souvent douloureux
ne demande qu'à s'offrir à toi
au lac profond de tes yeux bleus
tu m'as troublé l'espace d'un instant
et le temps d'un fugitif regard
je m'en vais le pas un peu tremblant
et ton sourire en mémoire
l'amour que je possède en moi
tout nouveau, affolé et sage
je le sens et réclame avec rage
la douce protection de tes bras
suis-je née trop tôt ou trop tard
pour n'être que cette vague image
avec qui un soir l'on ne partage
qu'un regard vif et goguenard ?
Marie
24/02/1991
ELEVATION
comme une flamme qui vacille
vers un torrent ivre et violent
le coeur de la petite fille
bat dans un bouleversement
l'amour est une étrange chose
qu'elle ne connait pas encorre
mais aujourd'hui la vie est rose
et elle va vers lui sans remords
comme une flamme qui luit
de mille étincelles tremblottantes
elle pense un peu trop à lui
bien trop émue, très hésitante
l'amour est une force immense
qui donne tout, reprend souvent
mais elle croit à sa chance
de le garder éternellement
comme une flamme flamboyante
des mille ardeurs de son âme
l'enfant qu'elle était, émouvante
devient sans le vouloir une femme
l'amour est un martyre délicieux
qu'elle goûte pour la première fois
et son coeur sur un nuage bleu
s'envole légèrement dans la joie
Marie
24/01/1991
PREMIERS EMOIS
mes dix-sept ans se sont envolés
un soir du mois de janvier
j'ai déchiré mon pauvre passé
en brûlant ses mots mensongers
lettres d'amour, premiers émois
j'y mettais tout mon coeur
à lui révéler la foi
que j'espérais en ce bonheur
mes dix-sept ans se sont éclipsés
lorsqu'enfin j'ai rencontré
l'homme qui m'a raconté
que l'on peut encore aimer
lettres d'amitié, d'autres émois
j'y mets tout mon espoir
et mon coeur a moins froid
de tout ce qu'il me fait croire
Marie
27/01/1991
DIMANCHE
j'ai connu avec lui
l'amour forcé et bestial
et je ne sais, si de ma vie
ce souvenir ne sera pas fatal
j'ai senti dans tes bras
la chaleur d'une amitié
et je ne sais pas pourquoi
mon coeur s'est mis à cogner
non, je ne veux pas croire
que tes yeux brillent de pitié !
effacer de ma mémoire
tes mots mal interprétés
j'ai connu avec lui
bien des nuits d'insomnie
où la peur et l'hypocrisie
me tenaient compagnie
j'ai senti dans tes bras
la brulûre d'un baiser
et je ne sais pourquoi
ma bouche y répondait
non, non, je ne peux croire
que tu t'es amusé
de ce moment de gloire
qui m'a été volé
j'ai connu avec lui
la souffrance immorale
que n'efface pas la pluie
lorsque l'on se sent sale
j'ai senti dans tes bras
un tout nouvel été
et j'avais, près de toi
envie de t'aimer
non, je ne veux pas croire
que cette rencontre d'un soir
n'est qu'une banale histoire
scellée par un baiser dérisoire
Marie
1991
FANTOME
quelle est cette ombre qui plane
entre nous deux
quelle est cette âme qui damne
tes doux yeux bleus
quand tu parles avec moi
je sais que tu penses à elle
et ne comprends pas pourquoi
sa présence m'ensorcelle
quelle est cette ombre qui plame
dans mes prières
quel est ce danger qui damne
mes yeux verts
je te voudrais tout à moi
mais elle est là, trop fidèle
et je t'écoute avec effroi
prononcer le nom de "Michèle"
ne serait-ce qu'un moment
même si ce n'est qu'un jour
toi, mon rebelle amant
ofrres un peu de ton amour
Marie
1991
MEDITATION
tes mots sont trop durs
et ce bonheur incomplet
me parle d'une aventure
qui laissera des regrets
je refuse un amour à mi-temps
où le passé écorche l'avenir
et mon coeur, ardemment
ne veut plus te voir souffrir
oublies un peu la chatain
et penses plutôt à cette brune
qui t'offre un meilleur chemin
qui mène au clair de lune
tes mots sont trop cruels
et je ne suis pas maline
mais le souvenir de Michèle
te fera perdre Marie-Christine
Marie
1991
SUPPLIQUE
je ne te demande rien
mes yeux disent tout
avec toi je suis bien
sans toi le monde est fou
je ne te demande rien
j'ai trop dit
mon espoir est vain
tu as tout détruit
je ne te demande rien
et me donne à toi
je sais que tôt demain
tu repartiras
Marie
FANTOME
dieu que les années sont longues
quand l'absence d'un être cher
peu à peu vous ronge
et mettent à vif les chairs
on voudrait pourtant oter
de notre mémoire précieuse
le pas, le geste ou le baiser
qui nous rendait si heureuse
mais on entend tout là-bas
le bruit d'une voiture qui s'arrête
et l'on espère ou on croit
que ce soir sera instant de fête
dans la foule dispersée
une odeur lentement nous surprend
un parfum que l'on sait familier
revient du fond des temps
"hier" ne peut jamais recommencer
mais dans un regard on aperçoit
le bleu que l'on a pu oublier
si perçant et troublant à la fois
et soudain tout revient en arrière :
l'absent est devenu présence !
tout ce temps perdu, misère
pour comprendre son importance.
Marie
04/09/1995
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