RENOUVEAU
mon coeur te tait
les mots qu'il voudrait dire
car il a peur qu'après
il ne doive en souffrir
je te le dis, je te le jure
que je penserai à toi longtemps
commen une grande aventure
même si elle ne dure qu' un printemps
non, je ne dirai rien
pas un geste ni un mot
je croiserai ton chemin
sans être un fardeau
je suis femme tranquille
dans une vie sans gloire
même si je semble fragile
mon atout est l'espoir
mon coeur te tait
des mots qu'il voudrait crier
et si tu es discret
tu sauras me donner
pour une nuit ou quelques heures
un souffle de douceur et d'envie
un goût tendre de bonheur
qui me laisserait épanouie
trente-six ans aujourd'hui
et je recommence à zéro
sois le premier je t'en prie
la promesse d'un renouveau
Marie
29/12/1997
ANNIVERSAIRE
c'est toi qui appela
le dernier jour de l'année
mais je n'étais pas là
sortie pour une soirée
ce soir, j'ai composé
ton numéro en vain
parti vers ta soirée
calme et serein
Marie
31/12/1997
MINUIT
devant la table, j'écris
des mots rien que pour toi
tout en sachant interdit
de penser de cette façon-là
je ne connais de toi
qu'une barbe jolie
qui fut douce pour moi
surtout le samedi
retrouver ce temps-là
où j'étais près de toi
bien au chaud dans tes bras
enveloppée d'émoi
devant la table, j'écris
des mots idiots pour toi
je compose une poésie
que tu ne connaitras pas
il est minuit déjà !
trop seule à la maison
je pense à toi là-bas
comme un violent poison
Marie
31/12/1997
INCERTITUDE
je n'ose lui téléphoner
de quoi parlerions-nous
moi j'ai peur d'un rejet
qui ferait mal partout
le téléphone est là
silencieux et paisible
je ne le toucherai pas
espérant l'impossible
c'est à lui de choisir
s'il voudra me revoir
je ne peux le retenir
même si j'ai de l'espoir
oh ! soirée miraculeuse
où j'espérais très fort
je suis devenue gueuse
face à cet homme encore
j'aurais bien tout donné
dans cette voiture érotique
j'avais envie de partager
des instants très critiques
surtout ne pas parler avec le coeur
mais laisser se réjouir nos corps
nous emporter dans une ferveur
et souffler doucement : encore
je n'ose lui téléphoner
car je n'ai rien à lui dire
c'est à lui seul de décider
ce qu'il pourra m'offrir
Marie
02/01/1998
IMPREVU
qu'il est doux ce voyage
que je prépare en solitaire
et sans aucun bagage
pour revoir Jean-Pierre
dans ma vie programmée
comme un ordinateur
samedi, je reverrais
celui qui tient mon coeur
que ferons-nous là-bas
si loin de Saint-André
peut-être que dans ses bras
mon chagrin j'oublierai
j'ai vécu dans la peur
durant dix-sept années
aurai-je la douceur
d'être un peu apprivoisée
j'espère qu'il comprendra
ces quelques mots lancés
de ma peur, je n'ai pas
pu me débarrasser
quel est ce doux voyage
qui m'emporte déjà
vers un certain visage
que je n'oublie pas
Marie
06/01/1998
DUPERIE
pardonnes-moi Seigneur
d'avoir failli à mon devoir
il fallait que mon coeur
puisse enfin savoir
et j'ai brulé mes ailes
à son regard si fier
oui je suis l'infidèle
à qui l'on jette la pierre
pardonnes-moi Seigneur
ne jettes pas sur moi
un regard de rigueur
car je ne regrette pas
et j'ai brûlé l'amour
dans une chambre d'hotel
mon âme de velours
semble soudain si frêle
pardonnes-moi Seigneur
de pleurer sur moi-même
laisses hurler mon coeur
car encore je l'aime
Marie
11/01/1998
SENTENCE
je voulais savoir
si je ne l'aimais pas
et je suis là ce soir
à comprendre je crois
je voulais savoir...
les sept ans sont si loin
et je croyais pouvoir
juste croiser son chemin
les yeux bleus me poursuivent
et je me sens perdue
car je ne peux survivre
sans mon cher inconnu
la blessure est ouverte
mon coeur est en morceaux
j'ai terminé ma quête
en rentrant vers Bordeaux
Marie
11/01/1998
CE SONT DES MOTS
ce sont des mots que l'on dit
"non je ne t'aime pas"
ce sont des mots que l'on dit
mais on ne les pense pas
et moi j'avais inscrit
sur mon coeur balafré
que ce serait pour la vie
et même à tout jamais
"jamais plus je n'aimerai"
ce sont des mots que l'on dit
mais au piège d'une soirée
on peut souffrir d'amnésie
et lorsque la déchirure
est vraiment trop intense
on colmate la blessure
les yeux pleins de silence
Marie
13/01/1998
EXTASE
soleil reviens à la maison
réchauffer tous mes sens
fais-moi humer avec passion
ta riche et pure essence
donnes de ta noblesse
à la naïve que je suis
étires-toi sous mes caresses
en m'offrant tes envies
étends-toi sur le lit
abandonné, vaincu
car l'objet du délit
moi je l'ai reconnu
offres-moi tes saveurs
suaves et sucrées à la fois
je ferai sans pudeur
tout ce que tu voudras
soleil reviens chauffer mon lit
dans ton brasier de feu
je crois que tu as compris
le sens de mes aveux
Marie
27/07/1998
APPRENTISSAGE
merci monsieur le professeur
pour cette unique leçon
que j'ai apprise par coeur
et beaucoup de passion
mais il me faut recommencer
car cette leçon fut si jolie
que j'ai peur d'en oublier
ce que je n'ai point écrit
la leçon sur le corps humain
est bien étrange à mes yeux
car je ne sais combien
de fois je suis montée aux cieux
merci monsieur le professeur
pour cette nuit d'apprentissage
où j'ai eu un peu peur
de ne pas comprendre votre langage
votre leçon sur les cinq sens
a été surement bien comprise
et j'ai goûté à cette essence
avec ardeur et très surprise
l'ouïe est un des premiers sens
où vous m'avez entendue
gémir par votre présence
alors que je n'y croyais plus
et au contact de la vue
je me sentais sous vos yeux
la proie déjà vaincue
par le guerrier victorieux
la grande leçon du toucher
faut la meilleure de toutes
et sous les feux de vos baisers
mon corps se sentait en déroute
puis ce fut moi qui entrepris
de tester le goût et l'odorat
et je vous prie de croire que de ma vie
je n'oublierai pas ce moment-là
merci monsieur le professeur
de m'avoir donné goût à l'étude
je m'engage à retenir par coeur
d'autres leçons avec plénitude
Marie
27/08/1998
PUNITION
la punition que je me suis donnée
et de ne plus te voir jamais
même si mon amour
te réclame toujours
ne plus jamais
entendre ta voix au téléphone
et ne pas imaginer
tes paroles qui chantonnent
ne plus jamais
sentir mon coeur battre comme un fou
et ne plus penser
à un de nos futurs rendez-vous
ne plus jamais
faire la sage et devenir folle
lorsque tes pensées
disent le contraire de tes paroles
la punition que je me suis donnée
et de ne plus te voir jamais
même si mon amour pour toi
ne s'estompe pas.
Marie
221/01/1999
POUR TE REVOIR
retourner sur mes pas
revenir en arrière
croire de nouveau en toi
revivre mes chimères
sourire de nouveau
en entendant ta voix
et crier bien haut
que je n'aime que toi
refaire ce chemin
où je t'ai espéré
sans défaire les liens
qui à toi m'unissaient
je pense à toi
doucement
je pense à toi
vainement
Marie
25/08/1999
SOUVENANCE
il est resté au fond de mon coeur
bien au chaud dans un tiroir
il est ancré comme une lueur
que je peux, seule, revoir
c'est un bien grand secret
que je cache depuis des années
il venait quand je l'appelais
et dans ses bras j'oubliais
j'étais femme jusqu'au bout
jusqu'au bout de la nuit
et nous devenions vite fous
entre les draps de mon lit
il ne me reste, c'est ce qui me hante
qu'un seul souvenir de cet être
un tableau récupéré dans une brocante
accroché près de la fenêtre
chaque soir, quand je m'endors
j'admire son paysage
je pense à lui, encore
en rêvant de son visage
Marie
04/03/2001
SENTIMENT
de tout ce temps perdu
à chercher dans mon coeur
ce sentiment méconnu
qu'est l'étonnant bonheur
de tout ce temps perdu
à voyager sans cesse
en quête de mon inconnu
pour une peu de tendresse
de tout ce temps perdu
à pleurer son retour
mettre mon âme à nu
pour découvrir l'amour
de tout ce temps perdu
que me restera-t-il
lorsque mon inconnu
reviendra dans ma ville
Marie
27/05/2001
AGONIE
ce temps long, si long
que je traine sans cesse
et le jour moribond
sans fuite ni tendresse
dois-je rester plantée
dans ce décor haineux
ai-je même compté
son souvenir heureux
les minutes se lancent
dans une folle danse
où enfin il m'enlace
et tendrement m'embrasse
ne plus me souvenir
devenir amnésique
serait surement le pire
mais aussi plus pudique
et s'égrennent les secondes
en un tourbillon d'amertume
devant la pluie, je sonde
de l'eau, la triste écume
Marie
06/06/01
RETOUR
après avoir marché sans trêve
vers de nouveaux rivages
bien souvent dans mes rêves
j'y ai revu ton visage
je t'attendrai :
au-delà de paroles murmurées
et qui ne voulaient rien dire
parce que, vois-tu, la vérité
aurait pu te faire fuir
au-delà d'un téléphone muet
dont je connais le numéro par coeur
mais que je ne peux composer
par peur d'entendre ta voix-douceur
au-delà de moments partagés
entre larmes et sourires
secrètement enfermés
dans de beaux souvenirs
au-delà de mon dernier courrier
qui révèle à l'homme que tu es
combien, durant toutes ces années
j'ai pu fidèlement t'aimer
je t'attendrai :
après avoir marché sans trêve
et découvert d'autres rivages
je préfère rester dans mon rêve
caressant doucement ton image.
Marie
16/01/2003
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